vendredi 8 juin 2012

Billet d'humeur : "il faut que"


Le soleil s'est levé. Vous êtes encore endormi(e) puis vous revenez à la conscience. Le première pensée qui vous vient ne serait-elle pas "il faut que je me lève" ?



Et voilà, c'est parti. Le ton de la journée est donné : "il faut que".

Bon, en même temps, ce n'est pas faux non plus, il faut bien vous lever, vous n'allez pas rester toute la journée dans votre lit. Encore que. Si c'est un jour chômé, pour lequel vous n'avez pris aucun engagement et qu'il pleut à torrent, qu'est-ce qui vous empêche de rester dans votre lit ? Votre éducation ? L'image de vous-même ? "Je vais avoir l'air d'une grosse feignasse" ? Enfin, franchement, si vous faites ça 3 ou 4 fois dans l'année, ce ne sera pas la fin du monde. Il ne s'agit pas de devenir comme Alexandre le Bienheureux et d'en faire un mode de vie. Et puis, rester dans son lit ne veut pas dire ne rien faire... entre les livres, l'ordinateur, le dessin, écouter de la musique... il y a de quoi s'occuper entre deux rêveries.

Cette digression étant achevée, j'en reviens à mon propos. Il y a fort à parier donc, que votre première pensée soit la première d'une longue longue liste de "il faut que".

C'est parti :
- il faut que je me lève,
- il faut que je m'habille
- il faut que je prépare le petit déjeuner,
- il faut que je cours sinon je vais être en retard,
- il faut que je fasse bonne impression au bureau,
- il faut que je sois une bonne mère,
- il faut que je sois un bon mari,
- il faut que je gagne beaucoup d'argent,
- il faut que je sois en forme (de quoi ?),
- il faut que je sois souriant
- ...
- ...

Ça fait peur non ?

Disons que cette façon de penser est devenue assez automatique et rend les choses pesantes. Bien entendu, il ne s'agit pas devenir un père fouettard négligé et au chômage.

Mais peut-être qu'avant d'enfiler nos chaussons d'obligations diverses et variées, réelles ou inventées, nous pourrions commencer notre journée par une pensée de gratitude. Etre heureux d'être là, d'avoir devant nous une nouvelle journée d'aventures qui commence.

Ah oui, parce que nous nous enfermons dans nos obligations, mais nous nous enfermons aussi dans la routine. Nous attendons que chaque jour soit plus ou moins identique à celui de la veille et se déroule exactement comme nous l'avons projeté. Ce dernier point est très important, voir crucial ! Bilan des opérations, la survenue d'un imprévu est généralement bien mal accueilli. On se crispe, on s'énerve, on veut lutter contre ce qui arrive.

Nous avons donc réduit nos existences à une succession d'obligations devant répondre à nos attentes et à l'organisation projetée par nos pensées. Je grossis un peu le trait, certes. Tant que ça ? Vous êtes sûrs ?

Alors évidemment, quand vous prenez le métro, quand vous marchez dans la rue, vous vous heurtez à des gens gris qui font la tête. Franchement, ça ne donne pas envie de se lever de savoir qu'on va s'enfiler une brochette géante d'obligations parsemée d'imprévus qui vont mettre à mal ce que notre bel esprit cartésien a projeté.

Si nous partions plutôt du principe que nous projetons une ligne directrice pour notre journée ; que nous faisons de notre mieux pour tenir nos engagements vis à vis d'autrui mais que nous ne maîtrisons pas tout. Ça pourrait déjà très nettement améliorer les relations humaines.

Et en plus de cela, nous pourrions réapprendre à percevoir les choses différemment. En effet, ce que nous appelons notre routine a bien un côté répétitif parce que ressemblant mais ce n'est pas exactement la même chose. L'oiseau que vous entendez chanter (si vous l'entendez) en vous réveillant, est-ce le même que celui d'hier matin ? Chante-t-il de la même façon ? La boulangère qui était ronchon hier, est souriante aujourd'hui. Et oui, votre chat se frotte dans vos jambes, comme il le fait tous les jours, mais pourtant c'est nouveau, c'est un autre moment, ce n'est pas la répétition exacte de ce qu'il a fait hier ou avant-hier. Nous pouvons aussi casser la routine pour garder nos sens en alerte. Pourquoi faire tous les jours la même promenade avec votre chien ? Vous pourriez essayer d'autres chemins.

Le chien a tout compris !!!

Je vous propose une nouvelle obligation (si, si... sinon ce ne serait pas drôle !).

Il faut que je sois présent(e) à chaque instant en le vivant pleinement comme une première fois. (Et ce n'est sûrement pas la plus facile des obligations !!!)

Yiha !

mercredi 6 juin 2012

Billet d'humeur : "penser sans réfléchir"


Combien de fois dans une journée vous traitez-vous d'imbécile, d'andouille ou de je ne sais quoi ? Combien de fois dans une journée vous imputez-vous une faute qui n'en est pas une ?

La plupart du temps, en êtes-vous seulement conscients ?

Nous passons notre temps à penser sans réfléchir et nous ne prêtons même plus attention à la majorité de ces pensées. Résultat c'est le chaos total. Peut-être serait-il bon que nous nous mettions à porter un peu plus d'attention à nos pensées; du moins à celles qui sont devenues automatiques.

Si vous faites un gâteau, que vous oubliez un ingrédient mineur et vous en apercevez trop tard, il y a fort à parier que vous allez vous traiter d'imbécile. Franchement, l'omission de quelques gouttes de fleur d'oranger fait-elle de vous un(e) imbécile ? Je ne le pense pas. 

En revanche, constater l'omission et se demander pourquoi elle a eu lieu serait plus constructif. Et il y a 999 chances sur mille que ce soit par inattention; parce que, au lieu d'être pleinement dans la confection de votre gâteau, vous étiez en train de vous demander quelle nappe vous alliez mettre sur la table au dîner. Mais sur le moment, vous n'étiez pas conscient(e) de votre absence. De surcroit, vous insulter ne vous incite pas à vous aimer ; et si vous ne vous aimez pas, vous n'incitez pas les autres à vous aimer. CQFD. Soyons un peu plus indulgents avec nous-mêmes, nous n'en serons que plus indulgents avec les autres.

Autre exemple. Vous avez un rendez-vous et vous y rendez en voiture. Vous avez repéré une magnifique place un peu plus loin, que quelqu'un a la bonne idée de prendre sous votre nez. Alors là, soit vous vous traitez d'andouille en vous disant que si vous vous étiez dépêché(e) vous auriez eu la place (et avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille) ; soit vous montez sur vos grands chevaux, klaxonnez l'autre voiture et traitez son conducteur de tous les noms d'oiseaux parce que, bien sûr, cet emplacement vous revenait de droit puisque vous aviez un rendez-vous (et, que la femme de l'autre conducteur soit sur le point d'accoucher, c'est le cadet de vos soucis) ; soit vous faites les deux... il n'y a pas de raison pour que vous soyez le seul (la seule) à être insulté(e) dans l'histoire ! (vous oubliez juste que personne ne vous a insulté à part vous-même !!!)

Vous ne trouvez pas que c'est un peu exagéré tout ça ? Et pourtant, c'est ce que nous faisons pour une grande majorité et bien souvent.

Cependant, si nous arrivons trop tard pour avoir la place de stationnement, est-ce une faute ? Non, c'est un fait. Et non content de transformer ce fait en faute, nous en remettons une petite couche supplémentaire et ça devient notre faute.

Et ce qui est encore plus extraordinaire, c'est qu'une fois la machine lancée, rien ne l'arrête (souvent). Le fait devient une faute, puis votre faute. Oui, mais c'est injuste. C'est aussi la faute de l'autre imbécile là, qui est arrivé juste avant vous. Vous l'insultez donc copieusement; vous êtes rouge de colère et vert de rage. Vous ne vous rendez même pas compte que vous êtes en train de dépenser une énergie précieuse et qu'en plus vous la dépensez négativement. Vous empoisonnez l'autre et vous vous empoisonnez, littéralement. Avec un peu de chance, vous allez même ressasser votre agacement toute la journée et remettre le couvert chaque fois que vous raconterez l'anecdote, ce que vous ne manquerez pas de faire un certain nombre de fois.

Le problème est que nous avons tous tendance à faire ça. Vous imaginez le nombre de gens qui se promènent en même temps avec ce joli nuage noir au-dessus de la tête ? On parle de pollution atmosphérique... je crois que celle-là en fait partie aussi.

Et quand plusieurs nuages noirs se regroupent  sous couvert de vivre une même injustice, vous imaginez ? Vous remarquerez le vocabulaire qui va avec : se défendre, combattre, riposter... que des termes guerriers.

Mais reprenons l'échafaudage au moment où l'autre personne se gare et échafaudons du positif. Vous n'avez pas cette place de stationnement mais vous en trouverez peut-être une plus proche de votre lieu de rendez-vous. Vous descendrez de voiture plus tard et rencontrerez peut-être un ami perdu de vue depuis longtemps, et j'en passe.

Rien ne le prouve ? Non. Mais rien ne prouvait non plus qu'en allant plus vite vous auriez eu la place. Ce qui est certain, c'est que vous avez généré un tel stress à votre organisme que vous avez écourté votre vie de quelques secondes ou minutes ; que vous faites la même chose depuis longtemps déjà et que les minutes perdues s'additionnent ; sans oublier que vous venez de passer quelques minutes particulièrement désagréables parce que vous avez perdu le contrôle de vos pensées. Bref, c'est la double peine cette histoire !

A bon penseur, salut !

Yiha !

mardi 27 septembre 2011

Billet d'humeur : "avoir la tête dans le guidon"


Il y a, me semble-t-il, une expression très imagée et tout à fait révélatrice de l'état dans lequel nous sommes quasiment tout le temps : "avoir la tête dans le guidon".

Nous nous laissons aspirer par le quotidien, nous nous laissons envahir par nos pensées et nous ne soufflons jamais. Quand un problème se présente, nous nous en saisissons et le tournons et le retournons dans tous les sens, ce qui apporte de l'angoisse mais rarement une solution. En fait, il est plus efficace d'identifier le problème, de ne pas se voiler la face bien sûr, puis de le laisser de côté. Ce lâcher-prise, auquel nous ne sommes pas habitués, est merveilleux : la solution semble surgir d'elle-même, comme une évidence. Exercice certes peu facile au début, mais d'une redoutable efficacité. Et puis convenons-en, que nous apporte de ressasser les problèmes hormis de la négativité ?

A contrario, lorsque les choses vont bien, nous ne nous y attardons pas. Pourquoi ? Considérerions-nous que cela est normal, que cela nous est dû ? Très vraisemblablement. Nous sommes donc guidés par nos seuls désirs et notre ego.

Si nous sortons la tête du guidon, nous allons voir la route devant nous, le paysage; voir que la route ne peut pas être toujours rectiligne, sans bosse et sans creux. Alors, au lieu de nous concentrer uniquement sur la bosse, le creux ou le virage du moment, n'oublions pas qu'ils ne seront pas plus éternels que le plat ou la ligne droite. Et c'est aussi grâce à la dualité que nous savons apprécier les choses. S'il n'y avait pas de côte, il n'y aurait pas de descente et ainsi de suite. Les problèmes que nous rencontrons sont donc un "mal" (du point de vue de l'ego, puisqu'ils contrecarrent nos désirs) nécessaire pour que nous progressions, que nous grandissions. Mais nous n'en ressortirons pas plus grandis si nous les laissons être notre seul point d'attention. Prenons le temps de regarder la magnificence de ce qui nous entoure et dont nous faisons partie; sachons admettre qu'un problème, si déplaisant soit-il, est une occasion d'évoluer et d'apprendre. Du reste, c'est simple, si on ne sait pas voir en quoi le problème du moment peut nous faire grandir, si nous ne savons pas changer grâce à lui, nous sommes sûrs de rencontrer le même problème, à peu de chose près, un peu plus tard sur la route.

Dans la vie, il ne faut donc pas "baisser la tête pour avoir l'air d'un coureur"... nous en ressortirions bossus. Ce serait bien dommage.

Yiha !

samedi 6 août 2011

Billet d'humeur : le mental

C'est incroyable le poids de notre mental sur notre vie... et je ne pense pas que ce soit toujours très positif, loin de là !

En fait, si nous laissons notre mental prendre le dessus, c'est foutu. Prenons un exemple; vous devez faire une chose bien spécifique, mais votre mental vous dit que vous n'en avez pas envie, ou pas le courage, ou que vous êtes fatigué ou que sais-je encore. Si vous laissez ces pensées prendre le dessus, il est sûr et certain que ce sera une corvée, que vous la ferez en râlant et tempêtant, et par-dessus le marché, ça risque d'être mal fait.

Si cependant, vous décidez de faire taire cette petite voix, de passer outre et de simplement agir avant qu'elle ne vous ait complètement envahi; si vous vous y mettez en vous concentrant simplement sur le moment présent, à savoir sur ce que vous faites, sans laisser intervenir la moindre projection de votre mental, vous allez accomplir votre tâche sans encombre, rapidement et elle sera bien faite. Essayez et vous verrez que ça fonctionne.

Aujourd'hui je devais faire une valise. Pas de quoi s'angoisser ! Mais depuis hier, mon mental me disait "je n'ai pas envie, j'ai la flemme. C'est l'été et il pleut, que vais-je prendre ?" Enfin bref, faire une malheureuse valise devenait aussi compliqué que de relever un exploit sportif. A un moment, j'en ai eu assez. Au lieu de m'occuper de mon déjeuner (il était midi), j'ai décidé de faire taire cette petite voix qui me plombait et de passer à l'action. Je me suis concentrée sur ce que je faisais; attraper des vêtements, réfléchir en fonction de la météo, du temps pendant lequel je serais absente. Et pif paf pouf, comme j'étais concentrée sur ce que je faisais, la petite voix n'avait plus sa place et ma valise était faite en deux coups les gros !!!

Nous avons une fâcheuse tendance à projeter des peurs, des catastrophes, des si et des mais. Nous nous entravons nous-mêmes. Nous nous compliquons l'existence. Nous revenons mentalement sur le passé alors que ce qui est fait est fait; nous projetons l'avenir alors qu'il n'est pas encore. Bref nous en oublions le présent alors que tout se passe là.

Honnêtement, à quoi sert un dialogue, ou devrais-je dire un monologue interne du genre : "quand elle m'a dit ceci, j'aurais dû répondre x et non y. Je suis vraiment bête..." A rien ! Contentez-vous éventuellement de constater que vous avez commis une erreur et veillez à ce que cela ne se reproduise pas. Restez vigilant. Mais vous vilipender, vous rabaisser et tourner les choses dans votre tête pendant des heures n'y changera rien. C'est fait, point. Si cela risque d'avoir des conséquences négatives pour votre carrière par exemple, essayez plutôt de réfléchir à une façon d'arranger les choses mais ne perdez pas votre énergie à vous culpabiliser ou à vous rabaisser, ou à incriminer l'autre. Maintenant que c'est fait il n'y a plus qu'à avancer. Comment arranger les choses ? Quelle stratégie adopter ? Rester dans le moment présent avec vigilance pour saisir toute opportunité d'ouvrir un dialogue, de rectifier le tir etc..

Sous prétexte d'être des êtres pensants, nous nous laissons tuer par notre pensée. Ce n'est plus nous qui la contrôlons, mais elle qui nous contrôle !

Yiha !

dimanche 10 juillet 2011

Billet d'humeur : petits bonheurs

En ce dimanche matin, il m'a fallu m'extirper de mon lit à 5h30 afin d'emmener l'homme de ma vie à l'aéroport. Après de courtes retrouvailles de douze jours, nous voici de nouveau séparés par 10 000 km pour un mois. Mais ce n'est qu'une séparation physique... il y a en a qui vivent côte à côte mais qui n'en demeurent pas moins séparés par l'esprit et le cœur.

A mon retour, je me suis installée dans le jardin afin de lire. C'est bon le calme d'une ville un dimanche matin de juillet; une ambiance propice à la lecture. Cependant, je me suis interrompue de nombreuses fois, jusqu'à refermer mon livre. Non que celui-ci fut inintéressant, loin de là.

Mon regard, à moins que ce ne fut d'abord mon ouïe, a été attiré par le ballet d'oiseaux que je n'avais plus vus depuis des années. Etait-ce de l'inattention ou leur réelle raréfaction ? Il s'agissait d'hirondelles. Je suis extrêmement mauvaise en ornithologie, mais j'adore les hirondelles. Toujours est-il que j'ai ainsi bénéficié d'un grand moment de plénitude. J'ai fini par me caler la tête vers le ciel afin d'observer leur course poursuite, d'observer la manière qu'elles avaient d'éviter le mur de la maison au dernier moment, de les écouter piailler. Il y en avait qui, par groupe de deux ou trois, se coursaient; il y avait celles qui volaient "seules"; celles qui descendaient faire du rase-mottes et celles qui étaient très haut. Puis elles allaient plus loin et disparaissaient de mon champs de vision pour revenir quelques minutes après. Il devait y en avoir une petite centaine mais on était loin du vol ordonné de la migration.

Dans le même temps, j'entendais la chouette qui hululait dans son arbre derrière moi, les abeilles qui venaient butiner les fleurs à mes pieds, un rouge-gorge dont j'ai miraculeusement reconnu l'appel (merci à ceux qui sont venus nidifier plusieurs années de suite sur notre balcon lorsque j'étais enfant, sinon, j'aurais séché !). Et pour clore le tableau, il y avait bien sûr les hirondelles, descendantes des celles que mon beau-frère avait dans le jardin et qu'il a relâchées lorsqu'il a lui-même quitté le nid familial.

Je suis heureuse donc d'avoir dû me lever si tôt en ce dimanche matin sans quoi j'aurais loupé cet agréable moment au cours duquel je me suis fait la réflexion suivante : le calme existe mais le vrai silence est beaucoup plus rare. Et quand on le rencontre, il est plutôt angoissant car il est synonyme de mort.

Le propre de l'homme est de penser et la pensée humaine ne s'arrête jamais. Nous avons donc un "bruit" permanent dans la tête qui est assourdissant. Seule la méditation peut permettre d'accéder à un peu de calme dans ce tourbillon. Et je me suis demandé si l'activité humaine, citadine, qui est devenue si bruyante, n'avait pas pour but, ou eu pour but à un moment donné, et de façon inconsciente, de couvrir ce bruit interne. Ça ne couvre rien, ça s'additionne... La belle affaire, et en plus ça couvre les bruits de la nature, ce qui nous empêche de nous souvenir que nous sommes un tout avec elle. Nous avons tenté de vivre en électrons libres et nous avons tenté de diriger la nature, de la transformer selon nos désirs comme si elle était un élément extérieur à nous-mêmes; productions intensives tant dans la culture que dans l'élevage; plantations hors-sol; fruits rouges en hiver; organismes génétiquement modifiés et j'en passe. Ils sont fous ces humains ! Nous avons juste oublié que la nature nous nourrit et qu'à notre tour, un jour nous la nourrirons. Et c'est beau de voir l'émergence d'une conscience collective à ce sujet sur notre planète !

Yiha !

vendredi 6 mai 2011

Il était une fois



Je suis élève en seconde dans une école catholique de filles, Blanche de Castille (eh oui, personne n'est parfait). Bien décidée à passer un bac en économie, je décide d'apprendre la japonais. Choix à priori judicieux dans les années 80. Les cours ont lieu tard le soir, dans l'école d'en face… l'école catho des garçons, Saint Jean de Béthune.

La mixité n'a pas encore pénétré ce type d'établissement, mais ça ne saurait tarder. Pour l'instant, nous avons nos hauts lieux de rencontre. Le café voisin, "chez Cam", où nous allons manger un croque à midi ou prendre un café le matin, ou encore les bancs de la place La Boulaye… où bien sûr, nous nous asseyons sur les dossiers, nos pieds reposant sur l'assise ! Quel cliché !

Alors que je déjeune chez Cam avec des amies, un jeune type bien sûr de lui, vient faire sa pub pour la pièce de théâtre qu'il met en scène à Saint Jean. Il va remettre ça les jours suivants. Au premier abord, son côté prétentieux me tape sur le système…

Je vais donc suivre mes cours de japonais à Saint Jean. Notre prof, Japonais, enseigne habituellement à des étudiants de Science Po et découvre ce que sont des élèves de 16 ans, immatures, et qui pour la plupart viennent là en dilettantes. Nous sommes deux à nous intéresser vraiment au cours, mais il semblerait que mes questions agacent le prof. Bref, je prends la mouche et finis par aller à reculons à ses cours.

Tant et si bien, qu'au lieu de longer sagement le théâtre et de grimper quatre à quatre les escaliers vers la salle de cours, je finis par prendre l'habitude de m'arrêter au théâtre pour assister aux répétitions de la pièce. Du temps a passé; je suis en première et la représentation de la pièce dont l'autre arrogant faisait la promo a déjà eu lieu. Cette fois, il met en scène le Dindon de Feydeau. Je suis vite devenue souffleur des jeunes comédiens en herbe. Tout cela est beaucoup plus amusant et grisant que des cours de japonais !!!

Qui plus est, il y a parmi les acteurs un beau blondinet aux yeux bleus qui ne me laisse pas indifférente. Ah, dilemme ! Le côté prétentieux du metteur en scène, brun aux yeux noirs, me semble être une façade qui cache une personnalité bien différente, et je m'y intéresserais bien de plus près. Entre les deux mon cœur balance.

La représentation approche. Une campagne d'affichage nocturne est organisée un samedi soir. Je me propose bien évidemment. Après ça, nous irons dormir chez le metteur en scène qui habite un studio attenant à l'appartement de ses parents. Enfin, dormir est un bien grand mot, nous passons la nuit à refaire le monde. Quant à moi, j'ai craqué pour le brun aux yeux noirs… qui me larguera trois jours plus tard !!!

Pas grave. Je suis bonne joueuse et nous restons très amis. Je suis raide dingue amoureuse et suis sûre et certaine que c'est réciproque mais qu'il ne veut pas se l'avouer. Patience, ma fille, patience. Nous nous voyons régulièrement, nous téléphonons beaucoup et nous écrivons pendant les vacances scolaires. Vous connaissez beaucoup de garçons de 17 ans qui écrivent ainsi à une simple amie ? Mouais, bof.

Et c'est amusant, pour quelqu'un qui n'a soi-disant pas de mémoire, je retiens dans les moindres détails chaque petit événement qui tend à prouver qu'il m'aime. Nous sommes en mai, la représentation a été un succès (et une surprise pour les parents du metteur en scène qui ont retrouvé leur salon sur scène !!!) et le bac de Français approche. Nous sommes très exactement le 5 mai 1987 et nous avons rendez-vous. Coup de téléphone. Monsieur est malade. Exit le rendez-vous. Comme d'habitude, nous allons passer une heure au téléphone, au moins ! C'est incroyable cette faculté de se voir quasi tous les jours et de pouvoir passer en plus des heures au téléphone avec les copains. Pas étonnant que nos parents piquaient des crises !

Bref, il me dit tout à coup "j'ai quelque chose à te dire". Ha, ha ! Je te tiens ! Un grand sourire se dessine sur mon visage et je lui rétorque que je crois savoir ce que c'est mais que j'attends (avec impatience, mais ça je le garde pour moi) qu'il me le dise. Bingo, gagné… il me déclare sa flamme !

Quelques temps après, je vais faire le grand saut… Et en remerciement, deux semaines plus tard, je suis cocue avec une saleté de Myriam, que je trouve moche (bien sûr) et vulgaire. Une petite mise au point s'impose. Tout rentre dans l'ordre.

L'été se passe. Je travaille en juillet pour payer mes vacances aux Etats-Unis où je pars retrouver une amie expatriée. De son côté, il va aussi aux Etats-Unis en séjour linguistique puis finit ses vacances en famille en Espagne. Bref, ces deux mois de séparation nous semblent une éternité.

Nous avons eu chacun un gros chagrin d'amour qui nous rend méfiants. Je refuse de faire des plans sur la comète. L'idée de projeter quoique ce soit, même sur trois mois m'est impossible. Et quand par hasard, il s'y aventure, je calme ses ardeurs.

Voilà. C'était il y a 24 ans… et nous avons fêté hier nos 19 ans de mariage !

Bon anniversaire mon cœur.

Je vous rassure, ce n'est plus un arrogant prétentieux. J'avais raison, cette façade cachait un être bien plus intéressant ! Il faut bien que jeunesse se passe !!!

Yiha !

mardi 3 mai 2011

Billet d'humeur : une matinée radieuse

Chaque nouvelle journée qui commence est une joie et un espoir en soi. Mais il faut reconnaître que certaines sont plus réussies, plus positives que d'autres. Et il est vrai que l'état d'esprit dans lequel on démarre le matin influence la suite. Bon, parfois, on se réveille avec un état d'esprit positif mais la mauvaise humeur d'autrui, sans être forcément contagieuse, peut vous mettre du plomb dans l'aile.

Je ne sais pas vous, mais personnellement, mes réveils d'adolescente ressemblaient fort à ceux d'un ours mal léché ! La règle établie était donc de ne pas m'adresser la parole et tout se passait… au mieux dirons-nous.  Il faut reconnaître que le temps passé en commun le matin était réduit à une peau de chagrin. Je me réveillais par moi-même, ne prenait pas de petit-déjeuner (quelle funeste erreur !), me préparais et partais en cours. Bref, une parfaite autonomie qui laissait la possibilité aux adultes de m'éviter !!!

Il y a bien longtemps que je ne suis plus une ado mais j'ai le bonheur d'être mère d'une ado ! Bon, en bonne précoce, elle me fait sa crise d'ado plus tôt que les autres et dans un pays où le mot "autonomie" n'a guère de place. Histoire d'éviter tout malentendu, je demande la veille à quelle heure je dois venir la réveiller. Non qu'elle ne pourrait le faire toute seule, mais avec les boules Quiès, le réveil sonne souvent dans le vide. A l'heure dite, j'arrive à pas de loups avec le petit déjeuner fin prêt. En effet, depuis que la Chups a un an, tant qu'elle a l'estomac vide, c'est un monstre. Je la réveille tout en douceur ne sachant jamais quel sera le résultat. La veille encore, je me suis assurée que le menu de la lunch box lui convenait. Mieux vaut éviter les questions le matin au réveil ! Et après il faut gérer le fait de partir à l'heure… car ici, pas question d'aller seule à l'école. Je reconnais que ça ne se passe pas trop mal dans l'ensemble.

Mais ce matin, ça n'a été que du bonheur ! Réveillée et levée à l'heure, souriante pour son petit-déjeuner, et faisant des efforts avec le sourire pour être à l'heure. Un grand merci à la Chups ! J'en veux des comme ça tous les jours !!!

Voici donc une journée qui démarrait de la meilleure façon. Il fallait que cela continue.

N'ayant pas à aller jusqu'à l'école mais seulement à déposer la Chups pour le covoiturage, j'étais de retour pour finir mon café à 7h45. Moment de détente sur le balcon, sous le soleil (pas encore trop chaud) : écouter les oiseaux, observer les écureuils, admirer le ciel bleu; une merveilleuse façon d'entamer sa journée.

Il est prévu une température de 30°C (à l'heure où j'écris, il en fait déjà 32), donc il est préférable de s'activer de bonne heure. Alors à l'attaque… Retrait des draps, descente dans la salle des machines, mise en route du lavage. Et de un ! Retrait des vêtements pour enfilage de maillot de bain. 25 minutes plus tard, j'ai fini mes 40 longueurs. Et de deux ! Il est 9h00. Douche. Et de trois ! Redescente dans la salle des machines; mise en route du séchoir. Et de quatre ! Prendre la voiture et aller chez Costco. Alors là j'ouvre une parenthèse pour ceux qui ne connaissent pas.

Costco est une chaîne de magasins, je devrais même dire d'entrepôts géants, où vous trouvez de tout dans des quantités gargantuesques. Pour y entrer, vous devez être membre, et selon votre cotisation, vous pouvez arriver à l'ouverture (10h00) ou une heure après. J'étais donc garée à 9h45. Et comme à chaque fois, j'ai eu droit à cette scène merveilleuse : les gens sont là, agglutinés devant la grille, caddie en mains, prêts à foncer. J'attends toujours le coup de pistolet donnant le départ mais ça n'est pas encore arrivé. Je trouve ça très amusant. Où est le stress puisque, un, nous ne sommes pas 150; deux, étant donnée la taille du magasin, ce ne sera pas la bousculade à l'intérieur, et trois, il y en aura pour tout le monde !!!

Bien, je ferme la parenthèse. Donc prendre la voiture pour aller chez Costco, faire les courses. Et de cinq ! Attraper les draps secs au passage, ranger les courses et refaire le lit. Et de six ! Et voilà, il est 10h45 !

Et là, je dis bravo ma fille. Tu as toute la journée devant toi pour écrire, lire, t'occuper de tes amis.

Vive les journées qui commencent bien !

Yiha !