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vendredi 30 janvier 2015

Quelques progrès à LA

Depuis mon installation à Los Angeles, bien des choses ont changé et dans le bon sens. Réjouissons-nous !

J'ai déjà raconté, mais ça ne fait rien, qu'à mon arrivée ici, on était inondé de sacs plastiques lorsque l'on faisait ses courses. Un brin disciplinée, je ne manquais pas d'arriver avec mes sacs recyclés ce qui étonnait. Non seulement, le sac cabas recyclé à vite fait son entrée dans les moeurs, appuyé par une ristourne de quelques cents à la caisse (au pays où l'argent est encore un peu plus roi que partout ailleurs, tout passe par le porte-monnaie...) mais l'Etat Californien a été le premier (30 septembre 2014) à promulguer une loi interdisant l'utilisation du sac plastique à usage unique. Cette loi entrera en vigueur en juillet 2015. Bien entendu, les fabricants de sacs en plastique ont réclamé un referendum dans l'espoir de faire abroger la loi. Il y a ceux qui essaient d'aller dans le bon sens et les autres !

Par ailleurs les poubelles à recycler n'étaient pas encore généralisées à mon arrivée. Mais c'est chose faite depuis longtemps. Tout le monde recycle... ou presque.

J'ai aussi fait mention, alors que je m'étais réinstallée à Paris et que j'étais de passage ici, d'avoir été fort étonnée par l'apparition en quelques mois de pistes cyclables. Non seulement il y avait des pistes cyclables... mais elles étaient utilisées. Il faut dire que le prix de l'essence s'était envolé. La première conséquence positive de cette état de fait, a été un rapetissement de la taille moyenne des voitures (et la quasi disparition de ces saletés de Hummer). La seconde, cette prise d'intérêt subit pour le cyclisme.

Troisième élément notable, le petit carré d'herbe verte devant les maisons, amoureusement et abondamment arrosé pour garder sa belle couleur vive. Certes, c'est très joli. Mais nous ne sommes ni en Bretagne, ni en Normandie ! Et bien, ces carrés verts qui étaient une aberration écologique, tendent à disparaître. En lieu et place de quoi, les gens mettent souvent du sable avec des plantes grasses, des cactées, bref quelque chose de cohérent dans une région aride. Lorsque je faisais cette remarque à Chupa Chups, elle me rétorqua que c'était pour faire des économies. Elle a raison, mais on s'en fiche, le principal est d'avancer dans la bonne direction, que les motivations soient vénales ou non.

Ce serait bien que les choses aillent plus vite, c'est certain. Mais voyons le positif et ne nous accrochons pas au négatif.


Yiha !

jeudi 22 janvier 2015

Nouveau monde

Alors voyons, on nous dit qu'il faut lâcher prise et faire confiance à la vie. Deux choses d'une simplicité enfantine. Du reste, les enfants y arrivent très bien, c'est après que ça se corse.

Il faut dire qu'on n'a pas arrêté de nous dire que la vie était difficile, qu'il fallait se battre. Alors après ça, comment lui faire confiance ? On est méfiant. On guette l'embuche, on veut tout contrôler. De plus, dès notre plus jeune âge, on nous a comparé à l'autre, on nous a mis dans un système de compétition. Avant même la scolarisation, les mères se demandent "Et le tien, il a marché à quel âge ? Il a parlé à quel âge ?" Mais qu'est-ce que ça peut faire, je vous le demande... Sauf problème grave, tout enfant marche un jour et parle un jour. Chacun son rythme de développement. Alors quand arrive l'école, on atteint des sommets. On note, on juge, on étiquette. Rien de tel pour casser la confiance en soi chez un individu.

C'est aussi pour cela que dans les écoles Montessori, on ne note pas et on ne juge pas le travail d'un enfant. Tout le matériel est pensé pour qu'il puisse s'autocorriger, comprendre où il s'est trompé. Il apprend par plaisir dans un environnement préparé et ne fait pas tout et n'importe quoi comme beaucoup se l'imaginent. Le but premier est de construire sa confiance en soi, son estime de soi. La devise pour les 3 à 6 ans est "Apprends moi à faire seul". Et je vous garantis que ces enfants apprennent très jeunes des choses incroyables. Je pense qu'une des idées de génie de Maria Montessori a été de troquer la contrainte pour le plaisir.

C'est terrible, on nous a appris à regarder l'autre comme un ennemi et non comme un frère ou un allié. Parce qu'on nous a bien fourré dans le crâne qu'il fallait être meilleur que lui. Toujours pour en revenir à Maria Montessori, dès le groupe des 6 à 9 ans, les enfants apprennent à travailler en groupes ou par paire. Chacun apporte sa pierre à l'édifice. Ne devrait-il pas en être toujours ainsi ? L'idée de Montessori est que, lorsque l'enfant a appris à se connaître lui-même et à se faire confiance, il ne perçoit plus l'autre comme un danger. Les racines sont ancrées, au tour des branches de se développer.

Bref, quand on n'a pas eu la chance de passer par une école Montessori (c'est à dire la majorité d'entre nous) on a peur. Peur de soi, peur de l'autre, peur de rater, peur de la vie, peur de la mort. Aïe aïe aïe, quelle programmation.

Or nous savons que la peur, la jalousie, la rancoeur, l'envie, la colère... nous tirent vers le bas, nous enferment au lieu de nous ouvrir.

Alors, la tâche est compliquée pour arriver au lâcher prise et à la confiance en la vie. Il nous faut dé-tricotter tout ce qu'on nous a appris. Et c'est ardu, puisqu'au-delà de l'apprendre, nous l'avons intégré tant et si bien que nous avons développé des réflexes... de défense et de peur.

Bilan des opérations, pour tous ceux qui ont décidé d'alléger leur vie, de s'ouvrir, d'être dans la joie, l'Amour, la gratitude, bref des choses qui nous tirent vers le haut, c'est un travail de chaque instant. Parce que pour défaire ces réflexes, il faut commencer par maîtriser nos pensées et nos paroles. Cela étant, ça ramène forcément dans l'instant présent.

Ça aussi, maîtriser ses pensées et ses paroles, ce n'est pas tout à fait ce qu'on nous a inculqué. Qui n'a pas eu droit à une ou plusieurs phrases assassines dans son enfance, prononcée(s) par un adulte qui était le symbole du pouvoir et de la sagesse ; phrase(s) qui a (ont) pu être prononcée(s) sous couvert d'un trait d'humour et qui vous a (ont) marqué au fer rouge ?

Au commencement était la parole, ne l'oublions pas. Et puis nos pensées créent, ne l'oublions pas non plus. Dans le sens où, plus nous voyons le monde qui nous entoure comme étant hostile, plus il le sera. Chance, l'inverse est vrai !

Il me plaît à penser que nous sommes nombreux à avoir essayé d'inculquer des valeurs d'ouverture et de tolérance à nos enfants (malgré les notes et les jugements !!!). Nous sommes également de plus en plus nombreux (chez les adultes) à essayer de nous débarrasser de ces vieux schémas et réflexes. Alors, tous ceux qui s'investissent dans ce sens, tous ensemble, nous allons parvenir à construire ce nouveau monde... pour le meilleur.


Yiha !

dimanche 18 janvier 2015

Gratitude

Aujourd'hui, j'aimerais faire un billet léger. Pas facile dans le contexte actuel.

Je pense qu'il est important, voire capital, d'arriver à se recentrer, de ne pas se laisser envahir et écraser par toute l'horreur qui nous entoure. Ce n'est pas gagné avec ce qui circule sur le net et les réseaux sociaux. Attention, je ne dis pas qu'il faut être dans le déni de ce qui se passe. Il ne s'agit pas de faire comme si Boko Aram n'existait pas, de renier les millions de morts en République "Démocratique" du Congo, de balayer d'un revers de la main les multiples guerres autour de la planète.

Mais voilà, pour élever les vibrations globales, il faut commencer par élever les siennes. Tout part de l'intérieur et va vers l'extérieur, et non le contraire.

Pour que la paix prenne le pas sur la guerre, commençons par faire la paix avec nous-mêmes. Apprenons à nous aimer, tels que nous sommes. Essayons aussi d'être en paix avec notre vie, d'être dans la gratitude. Cultivons des pensées positives et tâchons d'éviter les pensées de vengeance, de colère, les jugements qui enferment.

Pour que notre monde extérieur soit beau, ayons un monde intérieur d'amour, de paix. Cultivons la joie. Réjouissons-nous des merveilles de la nature.

Après tout, nous ne sommes pas là pour être malheureux et nous martyriser.

Personnellement, chaque jour je me réjouis d'observer les nombreux colibris qui viennent s'abreuver sur mon balcon, je regarde avec bonheur mon chat qui vit tellement dans le moment présent. Je me dis que j'ai bien de la chance : j'habite un endroit fantastique, j'aime mon appartement, je mange à ma faim, j'ai la chance d'avoir une fille merveilleuse, des amis précieux. Et vous, qu'est-ce qui vous met dans la gratitude ?



Yiha !

lundi 5 novembre 2012

Billet d'humeur : "Pourquoi Los Angeles me manque"


Une question récurante : Est-ce que Los Angeles te manque ?
Une réponse récurante : Oui.
Une autre question récurante : Pourquoi ?

Et ma réponse est généralement irréfléchie et foireuse, avouons-le.

Bien sûr, la première réponse qui me vient, c'est le temps. Mais c'est un peu court. Les palmiers ? Oui, aussi... mais je n'ai qu'à aller dans le sud de la France pour ça. Alors quoi ? Qu'est-ce qui fait que Los Angeles me manque quand je suis à Paris ?

Ce que j'adore à Paris : le marché ; trouver de bons ingrédients pour faire la cuisine ; connaître mes fournisseurs ; la beauté architecturale ; retrouver mes repères (les lieux, les amis, la famille...) ; l'histoire et la culture.

Ce que je déteste à Paris : les gens ronchons et fermés ; quand il fait gris, qu'il pleut et qu'on a le plafond sur la tête ; les gens qui vous engueulent alors qu'ils viennent de vous écraser le pied !

Ce que je déteste à LA : l'architecture... inexistante pratiquement partout. Le côté superficiel des gens. Le fait de savoir que je n'aurai jamais de vrais amis (américains) ici parce que je sais qu'une fois hors de leur champ de vision, je n'existerai plus.

Ce qui me manque de LA :
- trouver des légumes bio prêts à l'emploi en sachets qui ne soient pas déprimants (parce que la salade en sachet en France, même pas bio, est juste à se flinguer... Merci TJ pour les "organic broccoli florets" et autres "organic baby lettuce" ;
- le temps merveilleux quasi toute l'année ;
- avoir l'océan Pacifique à côté et pouvoir me vider l'esprit en le longeant à loisir,
- et finalement ce côté moche et bordélique de la ville qui dit "on s'en fout, ce n'est pas le plus important".


En fait, la vraie réponse, la voilà :

Lorsque nous sommes arrivés en août 2006, il n'y avait quasiment pas de recyclage. Lorsque j'allais faire mes courses, j'étais juste horrifiée : personne n'avait ses sacs recyclés et, en achetant trois produits, on repartait avec cinq sacs en plastique. Pourtant, en quelques mois, tout a basculé. Les poubelles de tri ont poussé comme des champignons et chacun s'est muni de ses sacs de courses. Une réactivité et une discipline impossible en France !!!

En 2008, la crise a été virulente. D'un coup, toutes les voitures neuves avec des plaques temporaires (en gros, une voiture sur trois) ont disparu et de vieilles Cadillac et autre tacots sortis des fonds de garage, gouffres à essence, certes, ont fleuri. L'avantage était qu'elles étaient payées depuis longtemps et que cela éliminait un crédit pour les familles. L'inexistence de protection des salariés a permis à bien des entreprises de faire une purge drastique... et certaines enseignes ont simplement disparu. Dans le même temps, les panneaux de mises en vente ou en location de maisons et d'appartements ont fleuri à la vitesse de l'éclair... Certains étaient dus au déménagement des expatriés et américains venus des autres états et qui repartaient chez eux, faute d'avoir un contrat renouvelé. D'autres étaient des "forclosure"... maisons saisies par les banques car les gens n'avaient pas pu honorer leurs dernières mensualités (et ce, même s'ils avaient payé avec régularité depuis plus de 20 ans).
Pourtant, je n'ai entendu aucune pleurnicherie de la part des californiens. J'ai vu des mères au foyer, ayant arrêté de travailler depuis plus de sept ans, déclarer chercher un travail du jour au lendemain. Elles ne semblaient ni angoissées, ni complexées... Elles ont en effet trouvé un travail, et avec beaucoup de bonheur en plus ! Beaucoup ont fui cette ville du paraître où tout est horriblement cher et ceux qui sont restés ont changé drastiquement leur mode de vie. Bref, la réaction des Américains est de prendre acte de la situation et de tenter de rebondir, de trouver une solution au plus vite.


Voilà huit mois que je ne suis pas venue ici. Une grande surprise m'attendait. Des cyclistes ! Pas l'habituel cycliste du dimanche qui fait sa balade en famille à Venice Beach ou Santa Monica. Non, non, des gens qui se sont équipé de belles bicyclettes neuves pour leurs déplacements quotidiens... quand les distances le leur permettent. La ville a même créé des pistes cyclables sur les grands axes. Bon, elles ne sont pas protégées, alors personnellement je ne m'y risquerais pas, sauf à utiliser les trottoirs (quand il y en a) comme le font certains.

Alors ce qui me manque ? Ces gens toujours positifs et prêts à rebondir. Ils prennent les choses en l'état et font ce qu'il faut à partir de là. L'essence atteint des prix records dans la ville de la voiture où les distances sont gigantesques ? Bien. Alors, on achète des bicyclettes qu'on utilise pour chaque petite distance. Ce sera toujours ça d'économisé. On est loin du personnage aigri et râleur qui se regarde le nombril en pleurant sur son sort alors qu'il bénéficie de nombreux avantages (une sécurité sociale, une assurance chômage, une interdiction d'être évincé de son logement en hiver et j'en passe...). Et oui, je sais qu'ils m'oublieront (pour la plupart) dès que je serai dans mon avion pour Paris. Mais qui suis-je pour juger ?

Comme beaucoup de Français qui sont ici, c'est un choix. Les liens avec mon pays et ma famille d'origines ne sont pas coupés. J'ai la chance de pouvoir repartir revoir les miens de temps à autre. J'ai la chance d'avoir un ordinateur et de profiter d'une incroyable technologie.

Mais qui suis-je pour juger les californiens qui m'entourent ? Eux sont de vrais déracinés. Leurs ancêtres ont quitté l'Europe pour fuir la misère et la famine. Et puis, pour certains, ils sont encore partis de la côte Est pour venir chercher de l'or et tenter le tout pour le tout. Combien de sacrifices ? Combien de déchirements ? Combien de morts en cours de route ? Cette partie de leur histoire est ancrée en eux. Vous auriez envie de vous attacher vous ?

Alors certes, ils ne s'engagent pas humainement comme nous le faisons nous ; bien sûr, cela donne des relations superficielles... mais à côté de cela, ils sont plein d'énergie, de positivisme. Et je préfère être entraînée par une énergie positive que par une énergie négative.

Yiha !

jeudi 4 octobre 2012

Billet d'humeur : "La vie est... ce que nous en faisons"



La vie est une aventure magnifique. Pourtant, nous la vilipendons souvent, parlons de vie terne, triste, morose, éteinte, répétitive, sans surprise ou alors douloureuse, chaotique, ne faisant pas de cadeaux. Que sais-je encore.

Alors que la vie est comme l'eau d'une rivière, en mouvement permanent et rien ne l'arrête... sauf les barrages humains. Et les barrages que nous croyons rencontrer sont simplement dans nos têtes.

Lorsqu'un événement survient dans nos vies, ou ne survient pas, nous avons tendance à en tirer tout de suite des conclusions. C'est un peu idiot non ? La seule chose dont nous soyons sûrs, c'est l'événement. Mais nous n'avons pas encore le recul pour juger de son influence sur notre vie.

Ce qui peut sembler une événement négatif sur le coup, peut s'avérer un élément positif sur le long terme.

Un exemple : l'annonce d'une maladie grave ne semble pas un événement très positif. Et pourtant, elle peut l'être. Vous pouvez découvrir un autre aspect de votre personnalité ; vous découvrir plus solide que vous ne l'imaginiez. La traversée d'une épreuve douloureuse peut vous amener à mettre les choses en perspective, à remettre les choses à leur place. Cela peut également vous amener à voir qui sont vos vrais amis et au final, c'est toujours mieux d'être bien entouré.

En fait, l'épreuve, quelle qu'elle soit, est là pour nous faire avancer. Et heureusement, les épreuves sont contre-balancées pas des périodes de calme et de plénitude. Cela est d'une implacable logique car ce sont les opposés qui font exister les choses. Comment reconnaître le chaud s'il n'y avait pas le froid ?

Mais ces exemples-là sont presque trop faciles. Parce qu'il s'agit là de choses marquantes. Or, notre quotidien est constitué de petites choses sur lesquelles nous nous basons pour juger nos vies.

Nous oublions que notre vie est ce que nous en faisons, à savoir la manière dont nous la percevons.


C'est dimanche matin. Nous sommes en automne et vous venez d'emménager dans un nouveau lieu. Vous vous lancez dans la confection d'une recette tout en écoutant la radio. Il vous manque un ingrédient capital. Le présentateur a annoncé de la pluie dans la journée. Absorbé(e) par ce que vous faites, vous oubliez ce détail et descendez pour aller acheter ce qui vous manque. Alors que vous vous apprêtez à sortir de votre immeuble, vous voyez qu'il pleut à verse... vous êtes sans manteau et sans parapluie.

1) Vous pestez, maugréez, tempêtez. Mais ça vous barbe de remonter et vous vous précipitez sous l'eau... alors que c'est dimanche et que vous ne savez pas trop ce qui est ouvert dans le quartier. Bref, vous êtes trempé(e) comme une soupe et d'une humeur de chien. Vous en voulez à la Terre entière et surtout à ce foutu temps.
C'est sûr que vu comme ça, c'est tout pourri. En même temps, reconnaissez que la pluie est, un point c'est tout. Elle n'est ni bonne, ni mauvaise. Et du reste elle est indispensable. Personne ne vous a forcé à aller sous la flotte sans manteau ni parapluie, pour aller acheter votre paquet de farine !!!

2) Vous levez votre regard vers le ciel. Vous souriez en vous moquant de vous ; dans votre obsession pour votre recette, vous avez éludé le "des averses sont prévues dans la journée" que la voix chaleureuse de monsieur météo vous a annoncé tout à l'heure. Vous haussez les épaules, faites demi-tour et remontez chez vous attraper un parapluie. Arrivé(e) de nouveau au pied de l'immeuble, prêt(e) à sortir sous votre beau parapluie, vous croisez un voisin qui rentre avec son caddie plein. Vous profitez de l'occasion pour lui demander quel magasin est ouvert le dimanche dans le quartier. Bilan des opérations, vous allez droit au but sans vous tremper, vous avez gardé votre bonne humeur (voire elle s'est accrue) et vous avez récolté une précieuse information.

La différence entre les deux cas de figure vient bien de vous, pas des événements extérieurs. Dans le premier cas vous avez choisi (inconsciemment, certes, sauf si vous êtes maso) de vous fermer et d'aller contre (en râlant cela va de soi); et  dans le second cas, vous avez choisi de vous ouvrir, c'est à dire accepter ce qui est et composer avec.

Je ne sais pas vous, mais moi, y'a pas photo, j'essaie de composer avec parce qu'aller contre, en plus d'être négatif, c'est fatigant !!!

Yiha !

lundi 23 juillet 2012

Notre soleil


Paris, 23 juillet 2012. L'été semble s'installer et c'est bon ! Le ciel est d'un magnifique bleu uniforme où seuls les avions laissent des traînées blanches. Bien des gens sont partis en vacances et la ville est calme, comme en paix.

Avez-vous remarqué que le langage courant nous amène à énoncer régulièrement une grossière erreur ? En effet, lorsque le ciel est gris, que nous avons le "plafond sur la tête", nous avons tendance à reprocher au soleil de briller par son absence. Comme si le soleil était parti en vacances. Alors qu'il est toujours là, fidèle au poste. Selon la position de notre planète, nous le ressentons plus ou moins chaudement ; mais c'est notre ressenti qui change, pas la chaleur qui émane du soleil. Et quand nous avons l'impression qu'il n'y a pas de soleil, c'est surtout qu'il y a des nuages !

Il me semble qu'il en va de même à l'intérieur de nous. Nous avons tous une boule d'énergie, un soleil intérieur, une force incroyable ; choisissez l'image qui vous plaît le plus. Et là aussi, il arrive que des nuages viennent cacher le soleil. Et que se passe-t-il bien souvent ? Nos pensées se saisissent des nuages et ne les lâchent plus. Résultat des courses, ils stagnent. Pire : ils attirent d'autres nuages. Bref, on finit par en oublier l'existence de notre soleil intérieur.

Pourtant, la nature nous montre que les nuages ne restent pas, il y a bien un moment où le vent va les pousser plus loin. Et nous le savons pertinemment puisque nous disons aussi "après la pluie, le beau temps". Mais si nous faisions dans le ciel ce que nous faisons à l'intérieur de nous, à savoir nous saisir des nuages et empêcher le vent de les pousser, nous obtiendrions le même résultat : une telle accumulation de nuages que nous ne verrions plus le soleil et finirions par oublier son existence.

Alors, pour que notre soleil intérieur brille de mille feux, apprenons à lâcher prise. Laissons le vent s'engouffrer pour chasser les nuages. Ayons confiance en la vie, ayons confiance en nous, ouvrons-nous, dansons avec la vie, savourons chaque instant.

Yiha !

mercredi 6 juin 2012

Billet d'humeur : "penser sans réfléchir"


Combien de fois dans une journée vous traitez-vous d'imbécile, d'andouille ou de je ne sais quoi ? Combien de fois dans une journée vous imputez-vous une faute qui n'en est pas une ?

La plupart du temps, en êtes-vous seulement conscients ?

Nous passons notre temps à penser sans réfléchir et nous ne prêtons même plus attention à la majorité de ces pensées. Résultat c'est le chaos total. Peut-être serait-il bon que nous nous mettions à porter un peu plus d'attention à nos pensées; du moins à celles qui sont devenues automatiques.

Si vous faites un gâteau, que vous oubliez un ingrédient mineur et vous en apercevez trop tard, il y a fort à parier que vous allez vous traiter d'imbécile. Franchement, l'omission de quelques gouttes de fleur d'oranger fait-elle de vous un(e) imbécile ? Je ne le pense pas. 

En revanche, constater l'omission et se demander pourquoi elle a eu lieu serait plus constructif. Et il y a 999 chances sur mille que ce soit par inattention; parce que, au lieu d'être pleinement dans la confection de votre gâteau, vous étiez en train de vous demander quelle nappe vous alliez mettre sur la table au dîner. Mais sur le moment, vous n'étiez pas conscient(e) de votre absence. De surcroit, vous insulter ne vous incite pas à vous aimer ; et si vous ne vous aimez pas, vous n'incitez pas les autres à vous aimer. CQFD. Soyons un peu plus indulgents avec nous-mêmes, nous n'en serons que plus indulgents avec les autres.

Autre exemple. Vous avez un rendez-vous et vous y rendez en voiture. Vous avez repéré une magnifique place un peu plus loin, que quelqu'un a la bonne idée de prendre sous votre nez. Alors là, soit vous vous traitez d'andouille en vous disant que si vous vous étiez dépêché(e) vous auriez eu la place (et avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille) ; soit vous montez sur vos grands chevaux, klaxonnez l'autre voiture et traitez son conducteur de tous les noms d'oiseaux parce que, bien sûr, cet emplacement vous revenait de droit puisque vous aviez un rendez-vous (et, que la femme de l'autre conducteur soit sur le point d'accoucher, c'est le cadet de vos soucis) ; soit vous faites les deux... il n'y a pas de raison pour que vous soyez le seul (la seule) à être insulté(e) dans l'histoire ! (vous oubliez juste que personne ne vous a insulté à part vous-même !!!)

Vous ne trouvez pas que c'est un peu exagéré tout ça ? Et pourtant, c'est ce que nous faisons pour une grande majorité et bien souvent.

Cependant, si nous arrivons trop tard pour avoir la place de stationnement, est-ce une faute ? Non, c'est un fait. Et non content de transformer ce fait en faute, nous en remettons une petite couche supplémentaire et ça devient notre faute.

Et ce qui est encore plus extraordinaire, c'est qu'une fois la machine lancée, rien ne l'arrête (souvent). Le fait devient une faute, puis votre faute. Oui, mais c'est injuste. C'est aussi la faute de l'autre imbécile là, qui est arrivé juste avant vous. Vous l'insultez donc copieusement; vous êtes rouge de colère et vert de rage. Vous ne vous rendez même pas compte que vous êtes en train de dépenser une énergie précieuse et qu'en plus vous la dépensez négativement. Vous empoisonnez l'autre et vous vous empoisonnez, littéralement. Avec un peu de chance, vous allez même ressasser votre agacement toute la journée et remettre le couvert chaque fois que vous raconterez l'anecdote, ce que vous ne manquerez pas de faire un certain nombre de fois.

Le problème est que nous avons tous tendance à faire ça. Vous imaginez le nombre de gens qui se promènent en même temps avec ce joli nuage noir au-dessus de la tête ? On parle de pollution atmosphérique... je crois que celle-là en fait partie aussi.

Et quand plusieurs nuages noirs se regroupent  sous couvert de vivre une même injustice, vous imaginez ? Vous remarquerez le vocabulaire qui va avec : se défendre, combattre, riposter... que des termes guerriers.

Mais reprenons l'échafaudage au moment où l'autre personne se gare et échafaudons du positif. Vous n'avez pas cette place de stationnement mais vous en trouverez peut-être une plus proche de votre lieu de rendez-vous. Vous descendrez de voiture plus tard et rencontrerez peut-être un ami perdu de vue depuis longtemps, et j'en passe.

Rien ne le prouve ? Non. Mais rien ne prouvait non plus qu'en allant plus vite vous auriez eu la place. Ce qui est certain, c'est que vous avez généré un tel stress à votre organisme que vous avez écourté votre vie de quelques secondes ou minutes ; que vous faites la même chose depuis longtemps déjà et que les minutes perdues s'additionnent ; sans oublier que vous venez de passer quelques minutes particulièrement désagréables parce que vous avez perdu le contrôle de vos pensées. Bref, c'est la double peine cette histoire !

A bon penseur, salut !

Yiha !

mardi 27 septembre 2011

Billet d'humeur : "avoir la tête dans le guidon"


Il y a, me semble-t-il, une expression très imagée et tout à fait révélatrice de l'état dans lequel nous sommes quasiment tout le temps : "avoir la tête dans le guidon".

Nous nous laissons aspirer par le quotidien, nous nous laissons envahir par nos pensées et nous ne soufflons jamais. Quand un problème se présente, nous nous en saisissons et le tournons et le retournons dans tous les sens, ce qui apporte de l'angoisse mais rarement une solution. En fait, il est plus efficace d'identifier le problème, de ne pas se voiler la face bien sûr, puis de le laisser de côté. Ce lâcher-prise, auquel nous ne sommes pas habitués, est merveilleux : la solution semble surgir d'elle-même, comme une évidence. Exercice certes peu facile au début, mais d'une redoutable efficacité. Et puis convenons-en, que nous apporte de ressasser les problèmes hormis de la négativité ?

A contrario, lorsque les choses vont bien, nous ne nous y attardons pas. Pourquoi ? Considérerions-nous que cela est normal, que cela nous est dû ? Très vraisemblablement. Nous sommes donc guidés par nos seuls désirs et notre ego.

Si nous sortons la tête du guidon, nous allons voir la route devant nous, le paysage; voir que la route ne peut pas être toujours rectiligne, sans bosse et sans creux. Alors, au lieu de nous concentrer uniquement sur la bosse, le creux ou le virage du moment, n'oublions pas qu'ils ne seront pas plus éternels que le plat ou la ligne droite. Et c'est aussi grâce à la dualité que nous savons apprécier les choses. S'il n'y avait pas de côte, il n'y aurait pas de descente et ainsi de suite. Les problèmes que nous rencontrons sont donc un "mal" (du point de vue de l'ego, puisqu'ils contrecarrent nos désirs) nécessaire pour que nous progressions, que nous grandissions. Mais nous n'en ressortirons pas plus grandis si nous les laissons être notre seul point d'attention. Prenons le temps de regarder la magnificence de ce qui nous entoure et dont nous faisons partie; sachons admettre qu'un problème, si déplaisant soit-il, est une occasion d'évoluer et d'apprendre. Du reste, c'est simple, si on ne sait pas voir en quoi le problème du moment peut nous faire grandir, si nous ne savons pas changer grâce à lui, nous sommes sûrs de rencontrer le même problème, à peu de chose près, un peu plus tard sur la route.

Dans la vie, il ne faut donc pas "baisser la tête pour avoir l'air d'un coureur"... nous en ressortirions bossus. Ce serait bien dommage.

Yiha !

samedi 6 août 2011

Billet d'humeur : le mental

C'est incroyable le poids de notre mental sur notre vie... et je ne pense pas que ce soit toujours très positif, loin de là !

En fait, si nous laissons notre mental prendre le dessus, c'est foutu. Prenons un exemple; vous devez faire une chose bien spécifique, mais votre mental vous dit que vous n'en avez pas envie, ou pas le courage, ou que vous êtes fatigué ou que sais-je encore. Si vous laissez ces pensées prendre le dessus, il est sûr et certain que ce sera une corvée, que vous la ferez en râlant et tempêtant, et par-dessus le marché, ça risque d'être mal fait.

Si cependant, vous décidez de faire taire cette petite voix, de passer outre et de simplement agir avant qu'elle ne vous ait complètement envahi; si vous vous y mettez en vous concentrant simplement sur le moment présent, à savoir sur ce que vous faites, sans laisser intervenir la moindre projection de votre mental, vous allez accomplir votre tâche sans encombre, rapidement et elle sera bien faite. Essayez et vous verrez que ça fonctionne.

Aujourd'hui je devais faire une valise. Pas de quoi s'angoisser ! Mais depuis hier, mon mental me disait "je n'ai pas envie, j'ai la flemme. C'est l'été et il pleut, que vais-je prendre ?" Enfin bref, faire une malheureuse valise devenait aussi compliqué que de relever un exploit sportif. A un moment, j'en ai eu assez. Au lieu de m'occuper de mon déjeuner (il était midi), j'ai décidé de faire taire cette petite voix qui me plombait et de passer à l'action. Je me suis concentrée sur ce que je faisais; attraper des vêtements, réfléchir en fonction de la météo, du temps pendant lequel je serais absente. Et pif paf pouf, comme j'étais concentrée sur ce que je faisais, la petite voix n'avait plus sa place et ma valise était faite en deux coups les gros !!!

Nous avons une fâcheuse tendance à projeter des peurs, des catastrophes, des si et des mais. Nous nous entravons nous-mêmes. Nous nous compliquons l'existence. Nous revenons mentalement sur le passé alors que ce qui est fait est fait; nous projetons l'avenir alors qu'il n'est pas encore. Bref nous en oublions le présent alors que tout se passe là.

Honnêtement, à quoi sert un dialogue, ou devrais-je dire un monologue interne du genre : "quand elle m'a dit ceci, j'aurais dû répondre x et non y. Je suis vraiment bête..." A rien ! Contentez-vous éventuellement de constater que vous avez commis une erreur et veillez à ce que cela ne se reproduise pas. Restez vigilant. Mais vous vilipender, vous rabaisser et tourner les choses dans votre tête pendant des heures n'y changera rien. C'est fait, point. Si cela risque d'avoir des conséquences négatives pour votre carrière par exemple, essayez plutôt de réfléchir à une façon d'arranger les choses mais ne perdez pas votre énergie à vous culpabiliser ou à vous rabaisser, ou à incriminer l'autre. Maintenant que c'est fait il n'y a plus qu'à avancer. Comment arranger les choses ? Quelle stratégie adopter ? Rester dans le moment présent avec vigilance pour saisir toute opportunité d'ouvrir un dialogue, de rectifier le tir etc..

Sous prétexte d'être des êtres pensants, nous nous laissons tuer par notre pensée. Ce n'est plus nous qui la contrôlons, mais elle qui nous contrôle !

Yiha !

mardi 3 mai 2011

Billet d'humeur : une matinée radieuse

Chaque nouvelle journée qui commence est une joie et un espoir en soi. Mais il faut reconnaître que certaines sont plus réussies, plus positives que d'autres. Et il est vrai que l'état d'esprit dans lequel on démarre le matin influence la suite. Bon, parfois, on se réveille avec un état d'esprit positif mais la mauvaise humeur d'autrui, sans être forcément contagieuse, peut vous mettre du plomb dans l'aile.

Je ne sais pas vous, mais personnellement, mes réveils d'adolescente ressemblaient fort à ceux d'un ours mal léché ! La règle établie était donc de ne pas m'adresser la parole et tout se passait… au mieux dirons-nous.  Il faut reconnaître que le temps passé en commun le matin était réduit à une peau de chagrin. Je me réveillais par moi-même, ne prenait pas de petit-déjeuner (quelle funeste erreur !), me préparais et partais en cours. Bref, une parfaite autonomie qui laissait la possibilité aux adultes de m'éviter !!!

Il y a bien longtemps que je ne suis plus une ado mais j'ai le bonheur d'être mère d'une ado ! Bon, en bonne précoce, elle me fait sa crise d'ado plus tôt que les autres et dans un pays où le mot "autonomie" n'a guère de place. Histoire d'éviter tout malentendu, je demande la veille à quelle heure je dois venir la réveiller. Non qu'elle ne pourrait le faire toute seule, mais avec les boules Quiès, le réveil sonne souvent dans le vide. A l'heure dite, j'arrive à pas de loups avec le petit déjeuner fin prêt. En effet, depuis que la Chups a un an, tant qu'elle a l'estomac vide, c'est un monstre. Je la réveille tout en douceur ne sachant jamais quel sera le résultat. La veille encore, je me suis assurée que le menu de la lunch box lui convenait. Mieux vaut éviter les questions le matin au réveil ! Et après il faut gérer le fait de partir à l'heure… car ici, pas question d'aller seule à l'école. Je reconnais que ça ne se passe pas trop mal dans l'ensemble.

Mais ce matin, ça n'a été que du bonheur ! Réveillée et levée à l'heure, souriante pour son petit-déjeuner, et faisant des efforts avec le sourire pour être à l'heure. Un grand merci à la Chups ! J'en veux des comme ça tous les jours !!!

Voici donc une journée qui démarrait de la meilleure façon. Il fallait que cela continue.

N'ayant pas à aller jusqu'à l'école mais seulement à déposer la Chups pour le covoiturage, j'étais de retour pour finir mon café à 7h45. Moment de détente sur le balcon, sous le soleil (pas encore trop chaud) : écouter les oiseaux, observer les écureuils, admirer le ciel bleu; une merveilleuse façon d'entamer sa journée.

Il est prévu une température de 30°C (à l'heure où j'écris, il en fait déjà 32), donc il est préférable de s'activer de bonne heure. Alors à l'attaque… Retrait des draps, descente dans la salle des machines, mise en route du lavage. Et de un ! Retrait des vêtements pour enfilage de maillot de bain. 25 minutes plus tard, j'ai fini mes 40 longueurs. Et de deux ! Il est 9h00. Douche. Et de trois ! Redescente dans la salle des machines; mise en route du séchoir. Et de quatre ! Prendre la voiture et aller chez Costco. Alors là j'ouvre une parenthèse pour ceux qui ne connaissent pas.

Costco est une chaîne de magasins, je devrais même dire d'entrepôts géants, où vous trouvez de tout dans des quantités gargantuesques. Pour y entrer, vous devez être membre, et selon votre cotisation, vous pouvez arriver à l'ouverture (10h00) ou une heure après. J'étais donc garée à 9h45. Et comme à chaque fois, j'ai eu droit à cette scène merveilleuse : les gens sont là, agglutinés devant la grille, caddie en mains, prêts à foncer. J'attends toujours le coup de pistolet donnant le départ mais ça n'est pas encore arrivé. Je trouve ça très amusant. Où est le stress puisque, un, nous ne sommes pas 150; deux, étant donnée la taille du magasin, ce ne sera pas la bousculade à l'intérieur, et trois, il y en aura pour tout le monde !!!

Bien, je ferme la parenthèse. Donc prendre la voiture pour aller chez Costco, faire les courses. Et de cinq ! Attraper les draps secs au passage, ranger les courses et refaire le lit. Et de six ! Et voilà, il est 10h45 !

Et là, je dis bravo ma fille. Tu as toute la journée devant toi pour écrire, lire, t'occuper de tes amis.

Vive les journées qui commencent bien !

Yiha !

jeudi 21 avril 2011

Vivre avec une adolescente


Il est très intéressant de vivre avec une adolescente. En effet, apprendre à gérer les sautes d'humeur sans s'énerver est un exercice peu commode.

Chaque fois que votre ado vous regarde d'un œil noir qui semble plein de haine, qu'elle est fermée comme une porte de prison, il faut se dire, parce que c'est vrai, que c'est la même personne, le même Etre, qui quelques heures avant, vous donnait de l'amour et de la tendresse, vous souriait, était gentille.

Elle se cherche, essaie de s'affirmer et est elle-même dépassée par ce qui lui arrive. Alors, en tant que mère, en face, vous ne pouvez que donner de l'amour, et de l'amour et encore de l'amour. S'énerver ne ferait qu'empirer les choses. Pas facile tout ça !

Voilà une expérience qui apprend à être vraiment ancrée dans le moment présent. Quand le moment est bon, le savourer avec délectation et quand le moment est moins bon, se dire que ce n'est qu'un moment, qu'il est passager. Et savoir que si vous entrer dans la mauvaise humeur de votre ado, le moment désagréable risque de se prolonger. Et votre relation risque de se dégrader. A l'inverse, en gardant son calme et en transmettant de l'amour et une présence absolue, le moment désagréable devient plus éphémère. Par ailleurs, c'est un message essentiel pour votre fille de voir et de comprendre que votre amour maternel est inconditionnel.

Alors voilà, un coup blanc, un coup noir, mais jamais gris ! Il faut prendre les choses telles elles sont et surtout ne pas commencer à se demander si cela va durer un an, deux ans ou trois ans. Ça durera ce que ça durera et vous n'y changerez rien. Donc, vivre l'instant présent au mieux. Après, advienne que pourra !

Yiha !

lundi 18 avril 2011

Et après

Après toutes ces épreuves, vous êtes enfin rentrée chez vous.

Vous avez quitté la France. Vous y étiez venue pour prendre des vacances… de vraies vacances. Et vous vous êtes retrouvée à la tête d'un cancer du sein.

Maintenant que cela relève du passé, qu'en pensez-vous ?

Que du bien ! Si si, je ne plaisante pas.

Ce cancer a été une expérience merveilleuse. Sans que cela me coûte, j'ai traversé les étapes qui se présentaient à moi. J'ai rencontré des gens merveilleux qui maintenant comptent dans ma vie. Qu'ils restent présents ou choisissent de disparaître n'y changera rien, ils seront toujours dans mon cœur. J'ai  vécu une véritable renaissance et j'ai appris à vivre.

Je suis une nouvelle Muriel. J'aime la vie, j'aime ce que je suis… simplement parce que je suis. Je m'émerveille de chaque journée qui commence; j'ai appris à lâcher prise sur certaines choses. J'ai compris  à quel point se faire plaisir est important et je ne redoute en rien la mort. Simplement parce que je profite de chaque moment de l'existence. Mais avant de quitter ce monde, j'aimerais comprendre pourquoi je suis là. Alors j'y travaille avec assiduité et bonheur. J'ai l'impression de me poser de nouveau les questions fondamentales que je me posais adolescente…

On a attribué à Malraux la phrase " le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas". A tout le moins, il me semble qu'il sera spirituel ou ne sera pas. On peut être spirituel sans être religieux.

Nous vivons un vrai réveil des consciences, ne serait-ce que par rapport à notre planète. Nous semblons enfin comprendre que la Terre n'est pas un self-service dans lequel nous venons nous servir impunément en y faisant tout et n'importe quoi.

Il est clair que si nous continuons à jouer au parfait petit chimiste malgré les appels lancés par notre planète nous disparaîtrons purement et simplement. Et cela n'est n'est ni bien ni mal; cela est. Mais en tant qu'humain, j'aimerais que cela ne soit pas et que nous continuions d'exister. A nous de jouer !

Yiha !

jeudi 31 mars 2011

Billet d'humeur : sur la pointe des pieds



Chaque jour je reprends pied dans mon quotidien et j'ai l'impression de le faire sur la pointe des pieds. J'y vais par petite touche, les sens en éveil. Comme si je faisais ces choses pour la première fois.

Les françaises qui habitent ici (Los Angeles) savent à quel point faire les courses est un acte quotidien avec des magasins divers selon les denrées recherchées. Mon fournisseur favori est et reste Trader Joe. A la grande surprise de mon cher et tendre, j'ai mis plus d'une semaine avant d'y mettre les pieds. Je ne saurai en expliquer la raison. Je ne voulais pas que ce soit une geste d'habitude mais j'attendais d'en avoir envie. Voilà, c'est ça. Je veux faire les choses avec envie et plaisir. Et en effet, le jour où j'y suis retournée, j'étais contente. J'ai apprécié les étales colorés, les étiquettes faites à la main, le sourire du caissier, la taille humaine du magasin.

Chaque chose que j'accomplis, même si je l'ai déjà faite mille fois, je la vis comme si c'était une première fois. C'est merveilleux. Alors je ne veux pas gâcher ce bonheur en en faisant trop d'un coup.

Ce matin, je me suis retrouvée dans un parc que je connais par cœur. Et pour cause, il se trouve à côté de chez la prof de piano de la Chups. J'y vais donc souvent. Je n'y étais pas retournée depuis des mois. Le soleil était radieux. Je suis entrée dans le parc tout doucement, les sens en éveil; j'ai goûté avec délectation les caresses du soleil, mon odorat s'est régalé de l'odeur d'herbe fraîchement coupée, mes yeux étaient ravis de regarder les enfants jouer dans le sable et les adultes s'adonner à leurs sports favoris. Puis je suis allée m'asseoir et j'ai écouté le chant des oiseaux. Voilà, rien d'extraordinaire, si ce n'est la vie.

Chaque chose doit être un plaisir, même les corvées. J'entends par corvées, ce qui doit être fait, qu'on le veuille ou non (lavage, repassage…). Mais selon la manière dont on les aborde, elles peuvent être corvées ou plaisir. Alors maintenant, c'est simple, si j'ai du linge à laver à la main, je n'en fais pas toute une montagne mais je m'y mets lorsque j'en ai envie. Il en va de même pour tout. Et c'est magique… du coup c'est indolore et je le fais finalement plus rapidement que lorsque j'érigeais cela en obligation.

Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain:
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard - 1578 - Sonnets pour Hélène

Yiha


mardi 29 mars 2011

Billet d'humeur : il en faut peu pour être heureux


Vous vous souvenez de la chanson de Baloo dans Le livre de la Jungle ? "Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux…" C'est la première chose que je me suis dite ce matin en me levant.

Une bonne nuit de sommeil, une maison vide et calme, le café qui coule dans la cafetière et un rayon de soleil sur le balcon. Le bonheur absolu.

A force de courir après le temps, à force de m'être toujours donnée des obligations à grands coups de "il faut", "je dois", je m'aperçois à quel point je suis passée à côté de la vie. Combien de fois en fin de journée ai-je eu le sentiment de n'avoir rien fait alors que je n'avais pas arrêté ? Ah oui, mais je n'avais pas fait TOUT ce que j'aurais voulu faire.

Alors hier fut un grand jour. Une révolution dans mon petit monde.

Chupachups est en vacances depuis trois jours et mon homme est à l'autre bout du monde depuis dix jours. Ma douce ado devait aller hier dormir chez une amie. Ces demoiselles s'étaient mis en tête d'aller dans un parc d'attraction à Pétaouchnoque les bains aujourd'hui. On a bien tenté de me transformer en chauffeur. Alors, avant, me disant que c'était leurs vacances, qu'enfin la Chups avait une vie sociale et bla bla bla et bla bla bla, il y a fort à parier que j'aurais endossé le rôle de chauffeur et que j'aurais eu une journée atroce dans la mesure où je hais les parcs d'attraction ! Là, m'étant programmée pour avoir deux jours à moi et estimant qu'avoir géré une fête de 26 ados deux jours auparavant était une belle contribution à la vie sociale de la miss, j'ai accepté de financer l'entrée du parc d'attraction. Pour le reste, débrouillez-vous.

Donc hier, hormis accompagner la Chups chez son amie, à 35 kilomètres de la maison tout de même, pas de programme établi. Grand secret, grande découverte, révélation absolue ! Ne m'étant créée aucun contrainte pour la journée, j'ai eu le soir un ressenti inconnu jusque-là : celui d'avoir passé une journée très agréable alors que j'avais fait mille petites choses, dont plein de corvées disons-le. Deux secrets : pas d'auto-contrainte et un vrai moment de détente égoïste dans la journée.

Pour la première fois depuis de années, je me suis couchée contente de moi. Cela augure forcément une bonne nuit et un agréable réveil le lendemain.

Donc, voilà, ce matin je me suis levée avec la banane. J'ai apprécié le calme de la maison. J'ai adoré que mon regard embrasse une maison rangée (euh oui, parce que laisser la maison à mon homme m'a valu quelques touffes de cheveux en moins au retour). Et j'aime écrire en sirotant mon café au soleil sur le balcon.

Vive la Californie.

Yiha !