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jeudi 12 mars 2015

Vive le "progrès"

Qu'il est bon d'entendre le chant des oiseaux qui piaillent et qui, sait-on jamais, communiquent. Qu'elle est douce la musique de l'eau de la cascade, de l'eau qui coule dans le ruisseau et se heurte aux rochers. Que dire du bruit des vagues qui viennent se fracasser sur les rochers ou se briser sur la plage ? Et le vent dans les feuilles qui caresse nos oreilles ? Et que dire du grand chef d'orchestre qu'est le silence ? Sans lui, nous ne serions pas capables d'entendre toutes ces nuances. Monde de dualité : sans silence point de son.

Nous devrions être bercés des milles sons offerts par la nature. Le lapin qui saute sur la neige ; la baleine qui lance son chant ; le cerf qui brâme ; la poule qui caquette ; le tonnerre qui gronde et que sais-je encore.

Depuis quelques jours, mon ouïe me dérange. Le bruit du marteau-piqueur dans la rue d'à côté ; les sirènes qui font florès à Los Angeles ; la réfection de l'appartement voisin ; le rotofil auquel succède la souffleuse à feuilles à laquelle succède la tondeuse. Sans compter les bruits d'hélicoptère, les voitures, les coups de klaxon...


C'est donc ça la civilisation et le progrès ?

On a mis le temps, mais on a fini par développer des voitures silencieuses et non polluantes. (Merci Tesla). Est-ce qu'on ne pourrait pas se pencher sur tous ces engins du quotidien pour les rendre plus silencieux ? Bon, sinon, la solution c'est un retour en arrière avec la faux et la charrue à boeufs. C'est peut-être un peu excessif. Mais franchement, cette pollution sonore est aussi intolérable que la pollution de l'air.

Quand je pense que dans mon enfance, je détestais la pêche à la mouche avec mon père ; ces heures silencieuses passées au bord de la rivière pour pêcher la truite. Que je donnerais cher pour ces moments de silence en communion avec la nature.

Je dois être une vieille réac !


Yihah !

vendredi 30 janvier 2015

Quelques progrès à LA

Depuis mon installation à Los Angeles, bien des choses ont changé et dans le bon sens. Réjouissons-nous !

J'ai déjà raconté, mais ça ne fait rien, qu'à mon arrivée ici, on était inondé de sacs plastiques lorsque l'on faisait ses courses. Un brin disciplinée, je ne manquais pas d'arriver avec mes sacs recyclés ce qui étonnait. Non seulement, le sac cabas recyclé à vite fait son entrée dans les moeurs, appuyé par une ristourne de quelques cents à la caisse (au pays où l'argent est encore un peu plus roi que partout ailleurs, tout passe par le porte-monnaie...) mais l'Etat Californien a été le premier (30 septembre 2014) à promulguer une loi interdisant l'utilisation du sac plastique à usage unique. Cette loi entrera en vigueur en juillet 2015. Bien entendu, les fabricants de sacs en plastique ont réclamé un referendum dans l'espoir de faire abroger la loi. Il y a ceux qui essaient d'aller dans le bon sens et les autres !

Par ailleurs les poubelles à recycler n'étaient pas encore généralisées à mon arrivée. Mais c'est chose faite depuis longtemps. Tout le monde recycle... ou presque.

J'ai aussi fait mention, alors que je m'étais réinstallée à Paris et que j'étais de passage ici, d'avoir été fort étonnée par l'apparition en quelques mois de pistes cyclables. Non seulement il y avait des pistes cyclables... mais elles étaient utilisées. Il faut dire que le prix de l'essence s'était envolé. La première conséquence positive de cette état de fait, a été un rapetissement de la taille moyenne des voitures (et la quasi disparition de ces saletés de Hummer). La seconde, cette prise d'intérêt subit pour le cyclisme.

Troisième élément notable, le petit carré d'herbe verte devant les maisons, amoureusement et abondamment arrosé pour garder sa belle couleur vive. Certes, c'est très joli. Mais nous ne sommes ni en Bretagne, ni en Normandie ! Et bien, ces carrés verts qui étaient une aberration écologique, tendent à disparaître. En lieu et place de quoi, les gens mettent souvent du sable avec des plantes grasses, des cactées, bref quelque chose de cohérent dans une région aride. Lorsque je faisais cette remarque à Chupa Chups, elle me rétorqua que c'était pour faire des économies. Elle a raison, mais on s'en fiche, le principal est d'avancer dans la bonne direction, que les motivations soient vénales ou non.

Ce serait bien que les choses aillent plus vite, c'est certain. Mais voyons le positif et ne nous accrochons pas au négatif.


Yiha !

mercredi 21 janvier 2015

Colibris

Aujourd'hui, il fait gris, alors moins de colibris !

Ils sont vraiment amusants à observer. Il y a celui dont le battement d'ailes (jusqu'à 200 par seconde) ne fait aucun bruit, et au contraire celui qui fait un bruit de turbine. Il y a le nerveux qui entre deux lampées regarde frénétiquement à droite puis à gauche. On a encore le calme, qui, au lieu de boire en volant comme la majorité, se pose sur l'abreuvoir et boit tranquillement. Il y a le bavard qui arrive en piaillant et continue entre deux gorgeons. Il y aussi le très spécial qui, lorsqu'il a fini de boire, va s'essuyer le bec sur le câble électrique d'en face !



Ils donnent parfois l'impression de s'expliquer véhémentement. Ils se pourchassent. Un chose est sûre, le colibri n'est pas partageur. Généralement celui qui arrive vire celui qui était en train de boire. Pas la peine d'avoir un abreuvoir avec quatre trous !!!

Eh bien voilà, j'ai réussi à le faire ce billet léger !


Yiha !

dimanche 14 octobre 2012

Billet d'humeur : "Dimanche d'automne"


Aujourd'hui il pleut. Cela n'est guère surprenant à la mi octobre à Paris.

Ce n'est pas une de ces journées où l'on a le plafond sur la tête et où les nuages sont gris foncé. Non, au contraire, les nuages sont gris clair et haut perchés.

Bref, je commence la journée par me mettre à jour des mes devoirs d'étudiante. A midi, heureuse, j'ai achevé mon dernier dessin. Il y a quasiment deux ans, je m'étais lancé un défi couture, cette fois, la vie m'offre un défi dessin... et pour moi, ce n'est pas rien !

Je regarde par la fenêtre et trouve qu'il fait un temps à faire une grande balade en forêt. Mais pour l'instant, il me reste quelques devoirs de maîtresse de maison à accomplir. Je sais qu'en rentrant de promenade, je risque d'avoir une forte tendance à buller. J'attrape donc mon fer à repasser et me met à l'ouvrage.

Deuxième satisfaction de la journée : le linge est propre et repassé.

Maintenant, je m'autorise cette promenade tant désirée. J'enfile mes belles bottes vernies, en caoutchouc, un bon blouson à capuche et c'est parti.

Arrivée à l'entrée du parc André Citroën, je prends mon habituelle allée sablonneuse. De jolies flaques se succèdent. Je m'apprête à faire comme tout adulte : contourner les flaques. Mais quel est l'intérêt d'avoir des bottes de pluie si c'est pour se comporter comme si on portait des chaussures basses en cuir ?! D'un pas décidé, je traverse chaque flaque en son milieu. Un large sourire est venu s'épanouir sur mon visage. Il y a un sentiment de petit fille espiègle qui se réveille en moi.

Je me sens légère et d'une humeur guillerette. Ça sent bon l'herbe mouillée. La lumière est belle. Je croise quelques irréductibles dans mon genre et quelques râleurs qui se seraient vraisemblablement passés de marcher sous la pluie.

Je continue mon bonhomme de chemin. Tout à coup, alors que je regarde mes pieds en marchant, me reviennent en mémoire mes bottes en caoutchouc rouge de petite fille et les chaussons à carreaux rouge, en laine, avec un élastique vert au niveau de la cheville, et qu'il fallait mettre pour garder les pieds bien au chaud et ne pas attraper froid. Cette visite surprise d'un souvenir depuis longtemps oublié, me fait tout drôle. Il m'émeut aussi, car il draine avec lui l'image de mon père. Un coucou en pensée et en passant.

Je me dirige d'un pas décidé vers la Seine. Je reste quelques minutes à contempler les gouttes de pluie qui rebondissent sur la surface avant de devenir elles-mêmes partie intégrante du fleuve. Certaines font des bulles, c'est amusant. Mon attention se porte vers le bruit des gouttes heurtant ma capuche. Ça fait une jolie musique.

Je continue ma promenade. Cette fois, je suis sur une allée nettement plus large, en sable elle aussi et également couverte de larges flaques. Je dois toujours avoir mon air ravi (et sûrement un peu benêt) et marche droit devant moi. Je croise une dame d'un certaine âge pour le moins surprise d'une telle attitude, elle-même contournant scrupuleusement chaque flaque !

A ma gauche, une flaque plus longue et un peu plus profonde que les autres. Une vraie tentation. Mes pas sont comme attirés par elle. Avant de l'atteindre, je découvre une pelouse couverte de fleurs sauvages, des fleurs hautes : blanches, mauves, violettes. Il y a même des coquelicots. Encore une réminiscence de mon enfance. Il y a si longtemps que je n'en ai pas vus. Et là, un autre bonheur m'attend : laisser les traces de mes semelles dans la boue !!! Il va falloir que j'arrête de remonter le temps, sinon, je vais sauter à pieds joints dans les flaques.

De nouveau, je croise la dame d'un certain âge, ailleurs dans le parc. Je lui fais un large sourire. Elle est ébahie et se demande ce que je lui veux. Très drôle.

Voilà, je viens de me faire une extraordinaire cure de jouvence. Que du bonheur ! Comme quoi, il ne faut pas grand-chose pour être heureux.

Yiha !

dimanche 10 juillet 2011

Billet d'humeur : petits bonheurs

En ce dimanche matin, il m'a fallu m'extirper de mon lit à 5h30 afin d'emmener l'homme de ma vie à l'aéroport. Après de courtes retrouvailles de douze jours, nous voici de nouveau séparés par 10 000 km pour un mois. Mais ce n'est qu'une séparation physique... il y a en a qui vivent côte à côte mais qui n'en demeurent pas moins séparés par l'esprit et le cœur.

A mon retour, je me suis installée dans le jardin afin de lire. C'est bon le calme d'une ville un dimanche matin de juillet; une ambiance propice à la lecture. Cependant, je me suis interrompue de nombreuses fois, jusqu'à refermer mon livre. Non que celui-ci fut inintéressant, loin de là.

Mon regard, à moins que ce ne fut d'abord mon ouïe, a été attiré par le ballet d'oiseaux que je n'avais plus vus depuis des années. Etait-ce de l'inattention ou leur réelle raréfaction ? Il s'agissait d'hirondelles. Je suis extrêmement mauvaise en ornithologie, mais j'adore les hirondelles. Toujours est-il que j'ai ainsi bénéficié d'un grand moment de plénitude. J'ai fini par me caler la tête vers le ciel afin d'observer leur course poursuite, d'observer la manière qu'elles avaient d'éviter le mur de la maison au dernier moment, de les écouter piailler. Il y en avait qui, par groupe de deux ou trois, se coursaient; il y avait celles qui volaient "seules"; celles qui descendaient faire du rase-mottes et celles qui étaient très haut. Puis elles allaient plus loin et disparaissaient de mon champs de vision pour revenir quelques minutes après. Il devait y en avoir une petite centaine mais on était loin du vol ordonné de la migration.

Dans le même temps, j'entendais la chouette qui hululait dans son arbre derrière moi, les abeilles qui venaient butiner les fleurs à mes pieds, un rouge-gorge dont j'ai miraculeusement reconnu l'appel (merci à ceux qui sont venus nidifier plusieurs années de suite sur notre balcon lorsque j'étais enfant, sinon, j'aurais séché !). Et pour clore le tableau, il y avait bien sûr les hirondelles, descendantes des celles que mon beau-frère avait dans le jardin et qu'il a relâchées lorsqu'il a lui-même quitté le nid familial.

Je suis heureuse donc d'avoir dû me lever si tôt en ce dimanche matin sans quoi j'aurais loupé cet agréable moment au cours duquel je me suis fait la réflexion suivante : le calme existe mais le vrai silence est beaucoup plus rare. Et quand on le rencontre, il est plutôt angoissant car il est synonyme de mort.

Le propre de l'homme est de penser et la pensée humaine ne s'arrête jamais. Nous avons donc un "bruit" permanent dans la tête qui est assourdissant. Seule la méditation peut permettre d'accéder à un peu de calme dans ce tourbillon. Et je me suis demandé si l'activité humaine, citadine, qui est devenue si bruyante, n'avait pas pour but, ou eu pour but à un moment donné, et de façon inconsciente, de couvrir ce bruit interne. Ça ne couvre rien, ça s'additionne... La belle affaire, et en plus ça couvre les bruits de la nature, ce qui nous empêche de nous souvenir que nous sommes un tout avec elle. Nous avons tenté de vivre en électrons libres et nous avons tenté de diriger la nature, de la transformer selon nos désirs comme si elle était un élément extérieur à nous-mêmes; productions intensives tant dans la culture que dans l'élevage; plantations hors-sol; fruits rouges en hiver; organismes génétiquement modifiés et j'en passe. Ils sont fous ces humains ! Nous avons juste oublié que la nature nous nourrit et qu'à notre tour, un jour nous la nourrirons. Et c'est beau de voir l'émergence d'une conscience collective à ce sujet sur notre planète !

Yiha !